
L’investissement immobilier à long terme représente aujourd’hui l’une des stratégies patrimoniales les plus solides pour constituer un portefeuille diversifié et générer des revenus récurrents. Dans un contexte économique marqué par l’inflation et la volatilité des marchés financiers, l’immobilier offre une tangibilité et une stabilité recherchées par les investisseurs avisés. La sélection de biens rentables nécessite toutefois une approche méthodique, alliant analyse financière rigoureuse et compréhension des dynamiques de marché. Les critères d’évaluation traditionnels évoluent constamment, intégrant désormais des considérations ESG (Environnementales, Sociales et de Gouvernance) et des innovations technologiques qui redéfinissent la notion de performance immobilière.
Cette évolution du secteur immobilier s’accompagne d’une complexification des mécanismes de financement et des structures juridiques disponibles. Les investisseurs d’aujourd’hui doivent naviguer entre différentes options de financement, de la dette bancaire traditionnelle aux nouvelles plateformes de crowdfunding, tout en optimisant leur fiscalité. La réussite d’un investissement immobilier à long terme repose sur la capacité à identifier les actifs porteurs tout en maîtrisant les leviers financiers et juridiques appropriés.
Analyse des indicateurs de rentabilité immobilière : cash-flow, TRI et VAN
L’évaluation de la rentabilité d’un bien immobilier repose sur une batterie d’indicateurs financiers qui permettent de mesurer la performance réelle d’un investissement. Ces métriques, empruntées au monde de la finance d’entreprise, offrent une vision objective des flux de trésorerie générés et de la création de valeur sur la durée de détention. Contrairement aux calculs simplifiés souvent utilisés par les particuliers, l’analyse professionnelle intègre la valeur temps de l’argent et les risques spécifiques à chaque typologie d’actif.
Calcul du cash-flow net et coefficient de capitalisation
Le cash-flow net constitue l’indicateur de base pour évaluer la performance opérationnelle d’un bien immobilier. Il se calcule en soustrayant des revenus locatifs bruts l’ensemble des charges opérationnelles : taxes foncières, assurances, frais de gestion, provisions pour travaux et charges de copropriété. Cette approche permet d’obtenir le cash-flow net avant service de la dette, indicateur crucial pour déterminer la capacité de financement du bien.
Le coefficient de capitalisation, ou cap rate, représente le rapport entre le cash-flow net de première année et la valeur d’acquisition du bien. Un taux de capitalisation de 5% sur un bien acquis à 1 million d’euros signifie que l’investissement génère 50 000 euros de cash-flow net annuel. Cet indicateur permet de comparer rapidement différentes opportunités d’investissement et d’évaluer le niveau de risque relatif de chaque actif.
Taux de rentabilité interne (TRI) et seuil de rentabilité minimal
Le TRI représente le taux de rendement annuel moyen d’un investissement, en tenant compte de l’ensemble des flux de trésorerie générés sur la période de détention, y compris la plus-value de cession. Contrairement au simple rendement locatif, le TRI intègre la valeur temps de l’argent et permet une comparaison objective avec d’autres classes d’actifs. Un TRI de 8% sur 10 ans signifie que l’investissement génère un rendement annuel composé équivalent à 8%.
La détermination du seuil de rentabilité minimal dépend du profil
de l’investisseur, de son coût d’opportunité du capital et du niveau de risque accepté. Un investisseur institutionnel exigera par exemple un TRI minimal de 5 à 6 % sur un actif core très sécurisé, quand un investisseur privé visant des opérations de création de valeur pourra cibler des TRI supérieurs à 10-12 %. Fixer en amont ce seuil de rentabilité minimal permet d’éliminer rapidement les projets qui ne compensent pas suffisamment le risque pris et de prioriser les biens réellement rentables à long terme.
Valeur actuelle nette (VAN) et période de récupération du capital
La valeur actuelle nette (VAN) est un indicateur central pour apprécier la pertinence économique d’un investissement immobilier. Elle consiste à actualiser l’ensemble des flux de trésorerie futurs (loyers nets, revente) à un taux reflétant votre coût du capital, puis à les comparer au capital investi. Une VAN positive signifie que le projet crée de la valeur au-delà du rendement exigé, tandis qu’une VAN négative indique que le bien ne couvre même pas votre coût d’opportunité.
La VAN permet également de comparer des investissements immobiliers de durées et de profils de flux différents sur une base homogène. Dans la pratique, on retient souvent plusieurs scénarios (optimiste, médian, prudent) en jouant sur les hypothèses de loyers, de vacance, de travaux et de prix de sortie. Cette approche par scénarios aide à tester la résilience de la rentabilité immobilière face à des aléas de marché ou à une hausse des taux.
La période de récupération du capital, ou payback, complète utilement la VAN. Elle mesure le temps nécessaire pour que les flux de trésorerie cumulés égalent le capital initial investi. Un payback court améliore la liquidité et réduit le risque global du projet, surtout en contexte de taux d’intérêt élevés ou d’incertitude réglementaire. Un bien immobilier rentable à long terme affiche généralement une VAN positive et un délai de récupération compatible avec votre horizon patrimonial.
Ratio prix/loyer et rendement locatif brut versus net
Le ratio prix/loyer (ou multiple de loyers) permet de savoir en combien d’années les loyers bruts couvriraient le prix d’acquisition du bien. Un ratio de 15 signifie, par exemple, que le prix d’achat équivaut à 15 années de loyers bruts. Plus ce multiple est faible, plus, en première approche, le bien est susceptible d’être rentable, toutes choses égales par ailleurs. Ce ratio varie fortement selon les marchés : on observe fréquemment des multiples supérieurs à 25 dans les centres-villes prime, contre 12 à 18 dans certaines villes moyennes dynamiques.
Le rendement locatif brut se calcule en divisant les loyers annuels par le prix d’achat, frais inclus. Il offre une vision rapide mais incomplète, car il ne tient pas compte des charges d’exploitation, de la fiscalité ni du financement. Le rendement net, lui, intègre les charges non récupérables (taxe foncière, travaux, assurances, gestion) et, dans une approche plus fine, l’impact de la fiscalité. C’est ce rendement net, voire net-net après impôts, qui doit guider vos arbitrages entre différents biens et différentes stratégies d’investissement.
Pour analyser un bien immobilier vraiment rentable, il est donc indispensable de passer du brut au net, puis de le confronter à votre TRI cible et à la VAN. Un rendement brut de 6 % dans une copropriété énergivore avec de lourds travaux à venir peut aboutir à un rendement net inférieur à 3 %, alors qu’un bien correctement isolé et bien géré en périphérie pourra afficher un rendement net supérieur à 5 %. La discipline d’analyse financière fait ici toute la différence sur le long terme.
Typologie des actifs immobiliers à fort potentiel d’appréciation
La rentabilité d’un bien immobilier à long terme ne dépend pas seulement des flux de loyers, mais aussi de sa capacité à s’apprécier dans le temps. Certains segments de marché, par leur positionnement géographique, leur statut fiscal ou leurs fondamentaux économiques, offrent un meilleur potentiel de valorisation. Identifier ces actifs, c’est un peu comme repérer les entreprises de croissance en Bourse : le cœur de la performance se joue dans la qualité de l’actif sous-jacent et de son environnement.
Immobilier résidentiel en zone pinel et dispositifs malraux
Les investissements résidentiels en zones éligibles au dispositif Pinel ont longtemps constitué un levier intéressant pour les investisseurs particuliers. En échange d’un engagement de location de 6, 9 ou 12 ans, ce mécanisme permet de bénéficier d’une réduction d’impôt proportionnelle au montant investi. L’intérêt, pour un investisseur à long terme, réside dans le couple rentabilité nette/fiscalité et dans le potentiel de valorisation des zones tendues où la demande locative reste structurellement supérieure à l’offre.
Il convient toutefois d’être sélectif : tous les programmes Pinel ne se valent pas. Certains sont commercialisés à des prix supérieurs au marché, ce qui grève la rentabilité à long terme malgré l’avantage fiscal. L’analyse du prix au mètre carré, de la tension locative locale, de la qualité de la construction et du gestionnaire est indispensable. Un bien neuf bien positionné en zone tendue pourra cependant offrir, après la période de défiscalisation, un actif patrimonial liquide et apprécié des locataires.
Les dispositifs Malraux et Monuments Historiques, orientés vers la rénovation d’immeubles en secteurs sauvegardés, ciblent davantage les investisseurs à forte imposition souhaitant conjuguer optimisation fiscale et valorisation patrimoniale. En finançant des travaux lourds de restauration, l’investisseur bénéficie d’une réduction d’impôt significative tout en repositionnant un bien dans un quartier historique souvent prisé. Ces opérations exigent une due diligence renforcée et un partenaire spécialisé, mais elles peuvent aboutir à des biens rares, très recherchés à la revente.
Bureaux et locaux commerciaux en bail 3-6-9 triple net
Les bureaux et locaux commerciaux loués dans le cadre de baux commerciaux 3-6-9 constituent une classe d’actifs prisée des investisseurs en quête de rentabilité locative supérieure à celle du résidentiel. Le principe du bail triple net, où la quasi-totalité des charges d’exploitation et des travaux est supportée par le locataire, améliore sensiblement le cash-flow net pour le propriétaire. En contrepartie, le risque locatif est souvent plus marqué, notamment en cas de vacance prolongée ou de défaillance du locataire.
Un bien commercial bien placé, avec une visibilité forte et un flux de passage important, peut générer des loyers élevés et indexés, ce qui protège partiellement de l’inflation. Les baux commerciaux permettent également des durées d’engagement plus longues que les baux d’habitation, ce qui sécurise les flux de trésorerie. La clé réside dans l’analyse de la solidité financière du locataire, de son secteur d’activité et de la profondeur du marché locatif local pour ce type de surface.
Sur ce segment, les biens immobiliers réellement rentables à long terme sont souvent ceux qui offrent des possibilités de reconfiguration (division de plateaux, changement d’usage, passage de bureaux en logements, etc.). Dans un contexte de montée du télétravail, certains bureaux obsolètes en périphérie perdent de leur attrait, tandis que les surfaces flexibles, bien desservies et éco-performantes tirent leur épingle du jeu. L’investisseur doit donc anticiper les grandes tendances de l’immobilier tertiaire pour arbitrer correctement.
Entrepôts logistiques et plateformes e-commerce dernière mile
Portés par l’essor du e-commerce et la nécessité d’optimiser les chaînes d’approvisionnement, les entrepôts logistiques figurent aujourd’hui parmi les actifs les plus recherchés par les investisseurs institutionnels. Les plateformes XXL à proximité des grands axes de transport comme les hubs dits de « dernier kilomètre » en périphérie des grandes métropoles affichent des taux de vacance très faibles et des loyers en hausse régulière. Cette dynamique s’inscrit dans la durée tant que la logistique reste un maillon critique de l’économie.
Pour un investisseur privé, accéder directement à ce type d’actif peut être complexe en raison des tickets d’entrée élevés. Toutefois, des solutions comme les SCPI spécialisées logistique ou les clubs deals permettent de mutualiser le capital et de profiter de cette tendance. Les baux logistiques, souvent fermes sur de longues durées, apportent une bonne visibilité sur les flux de loyers, même si la spécialisation des bâtiments (hauteur libre, quais, automatisation) exige une analyse fine du risque d’obsolescence.
Les plateformes de « dernière mile », situées au plus près des centres urbains, bénéficient d’un foncier rare et donc d’un potentiel d’appréciation significatif. Comme pour l’or noir au siècle dernier, le foncier logistique bien placé est devenu un actif stratégique. Un bien immobilier rentable sur ce segment conjugue un emplacement logistique clé, une haute qualité technique et une adaptabilité aux futurs besoins technologiques (robotisation, mobilité bas carbone).
Résidences étudiantes et EHPAD en exploitation
Les résidences étudiantes et les EHPAD (Établissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) répondent à des besoins démographiques structurels : massification de l’enseignement supérieur d’un côté, vieillissement de la population de l’autre. Ces actifs gérés offrent, en théorie, des revenus locatifs réguliers via des baux commerciaux conclus avec un exploitant, souvent assortis du statut de loueur en meublé (LMNP/LMP) qui ouvre droit à des avantages fiscaux via l’amortissement.
La rentabilité faciale de ces produits, souvent affichée entre 4 et 5 % nets de charges, doit cependant être analysée avec prudence. La solidité de l’exploitant, la qualité de l’emplacement, l’adéquation de l’offre de services aux attentes des résidents et les clauses du bail commercial sont déterminantes. Un bail trop déséquilibré, une redevance impossible à supporter pour l’exploitant ou une localisation peu attractive peuvent transformer un investissement prometteur en source de litiges.
Sur le long terme, les résidences étudiantes situées à proximité immédiate de campus en croissance ou de pôles universitaires pluridisciplinaires offrent un potentiel intéressant. Les EHPAD, quant à eux, restent exposés aux évolutions réglementaires et aux exigences croissantes en matière de qualité de prise en charge. Un investisseur prudent diversifiera donc au sein de cette classe d’actifs et privilégiera les opérateurs disposant d’un historique solide et d’une gouvernance transparente.
Stratégies de financement et optimisation du levier financier
Le financement est le moteur silencieux de la rentabilité immobilière à long terme. Bien utilisé, l’effet de levier permet de démultiplier la création de valeur en mobilisant principalement l’argent de la banque et des locataires. Mal calibré, il peut au contraire fragiliser votre trésorerie et transformer un actif rentable sur le papier en source de tensions financières. L’enjeu n’est donc pas seulement d’obtenir un crédit, mais de sélectionner la stratégie de financement la plus cohérente avec vos objectifs, votre fiscalité et votre horizon de détention.
Prêt amortissable versus crédit in fine pour investisseurs
Le prêt amortissable est la forme de financement la plus répandue. À chaque échéance, vous remboursez une partie du capital et des intérêts, ce qui réduit progressivement l’encours de dette. Pour un bien immobilier locatif, cette structure est particulièrement adaptée aux investisseurs souhaitant sécuriser la sortie : au terme du crédit, le bien est entièrement payé et les loyers deviennent, net de charges, une source de revenu quasi intégralement disponible.
Le crédit in fine, de son côté, consiste à ne rembourser que les intérêts pendant la durée du prêt, le capital étant remboursé en une seule fois à l’échéance, généralement via la revente du bien ou la mobilisation d’une épargne en face (contrat d’assurance-vie par exemple). Ce montage maximise la charge d’intérêts déductibles chaque année et peut, dans certains cas, optimiser la fiscalité de l’investisseur fortement imposé. Il exige cependant une discipline stricte de constitution du capital nécessaire pour solder le prêt.
Pour arbitrer entre prêt amortissable et crédit in fine, deux questions clés doivent être posées : quelle est votre capacité à supporter une mensualité plus élevée aujourd’hui en échange d’une meilleure sécurité future ? Et quelle est votre visibilité sur la valeur de revente du bien à l’échéance du crédit ? Dans un contexte de taux d’intérêt plus élevés, les banques se montrent également plus sélectives sur les crédits in fine, réservés aux profils disposant d’une surface patrimoniale suffisante.
Société civile immobilière (SCI) et démembrement de propriété
La Société Civile Immobilière est un outil de détention et de transmission particulièrement apprécié pour structurer un portefeuille de biens rentables à long terme. Elle permet de dissocier la propriété des biens (via les parts de la société) de leur gestion, d’associer plusieurs membres d’une même famille ou partenaires, et d’anticiper la transmission grâce à des donations de parts en nue-propriété. Fiscalement, la SCI peut être soumise à l’impôt sur le revenu (IR) ou à l’impôt sur les sociétés (IS), chaque option présentant des avantages et des contraintes spécifiques.
Le démembrement de propriété, qu’il soit réalisé en direct ou via une SCI, consiste à séparer l’usufruit (droit de percevoir les revenus) de la nue-propriété (droit de disposer du bien). Cette technique permet, par exemple, à des parents de conserver les loyers pendant une période donnée tout en transmettant progressivement la nue-propriété à leurs enfants, avec une base taxable réduite. À l’inverse, un investisseur peut acquérir la nue-propriété d’un bien pour une période déterminée, en bénéficiant d’une décote à l’achat, et récupérer la pleine propriété à l’extinction de l’usufruit.
Combinés, SCI et démembrement offrent une palette fine d’outils pour optimiser à la fois la fiscalité des revenus, la préparation de la succession et la protection du conjoint ou de certains héritiers. La contrepartie est une complexité juridique et comptable accrue, qui nécessite l’accompagnement d’un notaire, d’un avocat ou d’un expert-comptable pour sécuriser le montage et éviter les erreurs coûteuses.
Crowdfunding immobilier et plateformes comme fundimmo ou ClubFunding
Le crowdfunding immobilier a profondément élargi l’accès aux opérations immobilières auparavant réservées aux professionnels ou aux investisseurs institutionnels. Via des plateformes réglementées comme Fundimmo ou ClubFunding, il est désormais possible de participer au financement de projets de promotion, de marchand de biens ou de rénovation avec des tickets d’entrée souvent compris entre 1 000 et 5 000 euros. L’investisseur perçoit une rémunération sous forme d’intérêts, généralement sur des durées courtes (12 à 36 mois), avec des rendements annoncés parfois supérieurs à 8 % par an.
Ces investissements ne consistent pas à acheter directement un bien immobilier, mais à prêter des fonds à un opérateur ou à souscrire des titres participatifs. Ils comportent donc un risque de perte en capital en cas de défaillance du porteur de projet ou de retournement de marché. Pour sécuriser au mieux ce type d’investissement, il est crucial d’analyser la solidité financière du promoteur, la localisation du projet, le niveau de pré-commercialisation et la structuration des garanties (hypothèque, caution, etc.).
Intégrer le crowdfunding immobilier dans une stratégie patrimoniale à long terme peut toutefois avoir du sens, comme composante de diversification. Il permet d’exposer une partie de son capital à des opérations à fort effet de levier, sans avoir à gérer directement le bien ni à supporter la complexité opérationnelle. La prudence recommande toutefois de limiter le poids de ces placements risqués à une fraction modérée de votre patrimoine global.
Déficit foncier et amortissement Robien-Borloo
Le déficit foncier est un levier fiscal puissant pour les investisseurs détenant des biens loués nus relevant du régime réel. Lorsque les charges déductibles (travaux, intérêts d’emprunt, frais de gestion, primes d’assurance, taxe foncière) excèdent les loyers perçus, l’excédent constitue un déficit foncier. Celui-ci est imputable sur les revenus fonciers des années suivantes, et, dans la limite de 10 700 euros par an, sur le revenu global du foyer fiscal, ce qui permet de réduire immédiatement l’impôt à payer.
Cette mécanique est particulièrement intéressante dans le cadre de rénovations lourdes sur des biens anciens, notamment pour mettre à niveau leur performance énergétique. Sur le plan de la rentabilité immobilière à long terme, l’investisseur y gagne doublement : il améliore l’attractivité du bien (loyer, vacance réduite, valorisation) tout en bénéficiant d’un coup de pouce fiscal significatif durant la phase de travaux. Il faut toutefois veiller à respecter la condition de mise en location pendant au moins trois ans pour sécuriser l’avantage fiscal.
Les anciens dispositifs Robien et Borloo, bien que fermés à la souscription, continuent de produire leurs effets pour les investisseurs qui en bénéficient encore. Ils reposaient sur le principe de l’amortissement du bien, permettant de déduire comptablement une fraction du prix d’acquisition chaque année, venant ainsi réduire le revenu imposable. Pour les nouveaux investissements, des régimes comme le LMNP au réel reprennent cette logique d’amortissement. L’idée reste la même : lisser fiscalement le coût d’un investissement sur sa durée de détention afin de maximiser la rentabilité nette après impôts.
Géolocalisation et analyse des marchés porteurs
Choisir un bon financement ou une bonne structure juridique ne suffit pas si le bien est mal situé. En immobilier, la géolocalisation reste le premier déterminant de la rentabilité à long terme. Il ne s’agit plus seulement d’opposer centre-ville et périphérie, mais d’analyser finement les micro-marchés : rues, ilots, quartiers en rénovation, zones de projets urbains. Deux immeubles distants de quelques centaines de mètres peuvent afficher des trajectoires de valeur radicalement différentes sur dix ans.
Pour identifier les marchés porteurs, plusieurs couches d’analyse se combinent. D’abord, les données macro : démographie, emploi, revenus, projets d’infrastructure (nouvelles lignes de transport, pôles universitaires, hôpitaux, zones d’activité). Ensuite, les indicateurs immobiliers : tension locative, évolution des prix, taux de vacance, niveau de construction neuve. Enfin, les signaux qualitatifs : arrivée de nouveaux commerces, gentrification progressive, dynamisme associatif, qualité perçue du cadre de vie.
Les outils numériques, comme les données open data des collectivités, les bases de transactions notariales ou les cartes de l’INSEE, permettent aujourd’hui de cartographier précisément ces dynamiques. Mais rien ne remplace le « terrain » : marcher dans le quartier, discuter avec des agents immobiliers locaux, visiter à différentes heures de la journée. Un bien immobilier rentable à long terme se trouve souvent à la frontière entre un secteur déjà établi et un secteur en mutation positive, là où le potentiel de rattrapage de valeur est le plus fort.
Due diligence technique et juridique des biens d’investissement
Une fois un marché porteur identifié et un bien présélectionné, la phase de due diligence est déterminante pour sécuriser la rentabilité future. Elle vise à vérifier que la réalité technique, juridique et financière du bien correspond à vos hypothèses. À l’image d’un diagnostic approfondi avant une opération médicale, cette étape permet de détecter les pathologies cachées qui pourraient grever votre cash-flow ou limiter la valorisation à long terme.
Sur le plan technique, il s’agit d’analyser l’état du gros œuvre (structure, toiture, fondations), des réseaux (électricité, plomberie, chauffage) et de l’enveloppe thermique (isolation, menuiseries). Les diagnostics obligatoires (DPE, amiante, plomb, termites, électricité, gaz) ne sont qu’un point de départ. Sur des opérations de taille significative, faire intervenir un bureau d’études ou un architecte pour établir un plan pluriannuel de travaux permet de chiffrer précisément les investissements à prévoir et d’intégrer ces coûts dans votre calcul de VAN et de TRI.
La due diligence juridique porte quant à elle sur la chaîne de propriété, les servitudes éventuelles, les règles d’urbanisme applicables (PLU, plan de sauvegarde, périmètre ABF), la conformité des travaux passés et les éventuelles procédures en cours. Pour un bien en copropriété, l’analyse des procès-verbaux d’assemblée générale, du règlement de copropriété et de l’état financier du syndicat est incontournable. Un contentieux latent, un fonds de travaux insuffisant ou un désaccord récurrent entre copropriétaires sont autant de signaux à ne pas négliger.
Enfin, la due diligence économique consiste à vérifier la réalité des loyers perçus (baux, quittances, éventuels impayés), la vacance historique, la rotation des locataires et la cohérence des loyers avec le marché. Dans le cas d’actifs commerciaux ou gérés, l’étude du bail (répartition des charges, indexation, modalités de renouvellement) et de la santé financière du preneur est essentielle. Une analyse rigoureuse à ce stade permet souvent de renégocier le prix ou, le cas échéant, de renoncer à une opération qui s’avérerait insuffisamment rentable à long terme.
Gestion patrimoniale et transmission du portefeuille immobilier
Construire un portefeuille de biens rentables à long terme n’est qu’une étape ; encore faut-il le piloter dans le temps et organiser sa transmission. La gestion patrimoniale consiste à arbitrer entre conservation, rénovation, vente et réinvestissement, en fonction des cycles de marché, de l’évolution de votre situation personnelle et des objectifs de votre famille. Un bien très rentable aujourd’hui peut perdre de son intérêt à mesure que le quartier se dégrade ou que de nouvelles normes (environnementales, par exemple) imposent des travaux disproportionnés.
Sur le plan de la transmission, l’anticipation est la clé pour limiter la facture fiscale et éviter les conflits entre héritiers. Les montages impliquant des SCI, du démembrement de propriété ou des donations progressives de parts sociales permettent de transmettre progressivement le patrimoine tout en conservant la maîtrise de la gestion. Ils doivent être envisagés suffisamment tôt pour bénéficier pleinement des abattements renouvelables tous les 15 ans et des décotes liées à l’illiquidité des parts ou à la nue-propriété.
Il est également pertinent de réfléchir à l’équilibre entre immobilier détenu en direct et via des véhicules collectifs (SCPI, OPCI, sociétés foncières cotées). Ces supports offrent une liquidité plus grande, une mutualisation des risques et une gestion déléguée, au prix d’une moindre maîtrise sur les actifs sous-jacents. Ils peuvent constituer un relais intéressant au moment de la retraite ou de la transmission, lorsque l’on souhaite simplifier la gestion et réduire l’implication opérationnelle.
Enfin, la gestion patrimoniale d’un portefeuille immobilier rentable à long terme gagne à être pensée en cohérence avec les autres composantes de votre patrimoine (financier, professionnel) et avec vos projets de vie. Travailler avec un conseiller en gestion de patrimoine, un notaire et un expert-comptable permet d’orchestrer ces différents volets pour que vos biens immobiliers ne soient pas seulement des sources de revenus, mais aussi un vecteur de stabilité et de transmission pour les générations futures.